[27] Durant ce même VIII Ahau, le même roi du Chichen ou un autre de la même famille, profitant des troubles qui régnaient sans doute à Mayapan, envahit le territoire de cette ville. Ce qui paraît bien étrange ici, c’est le motif de cette invasion, c’est que Mayapan, sous les chefs de race nahuatl qui y dominaient, avait inauguré le gouvernement républicain. On voit, du reste, des traces de révolutions analogues au Quiché, presque vers la même époque. Voir mon Hist. des nations civilisées du Mexique, etc., tom. II, liv. ii, chap. 8, et le Livre sacré, pag. 325.
[28] Ces montagnards Ah-Uitzil, d’où venaient-ils? Nul ne le dit. Mais l’analogie du nom avec celui des Quichés, car quiche et uitzil sont identiques étymologiquement, semblerait annoncer une invasion venue de Guatémala qui n’en est, d’ailleurs, pas excessivement éloigné. Quelques mots dans le Livre sacré donneraient à penser que l’envahisseur aurait été le roi Gucumatz. Conf. Livre sacré, pag. 314.
[29] Tancah paraît avoir été la ville qui aurait succédé à Mayapan et bâtie, peut-être, sur une partie de ses ruines, après la révolution qui en avait chassé les Cocomes.—Pio Perez, dans Stephens, assigne ces époques entre l’an 1272 et l’an 1368, date, dit-il, de la destruction de Mayapan. La date suivante est de 1368 à 1392.
[30] Le VIII Ahau-Katun commence à l’an 1441 et termine à l’an 1461; c’est celui durant lequel tombe la destruction définitive, c’est-à-dire l’abandon de Mayapan, d’après ce document, que Landa fixe à cent vingt-cinq ans avant l’époque où il écrivait, environ l’an 1487 de notre ère.
[31] Une nouvelle preuve de l’incurie avec laquelle Pio Perez a fait le calcul des Katuns de ce document, c’est qu’il fixe ici la période à la fin de laquelle arrivèrent, pour la première fois, les Espagnols entre les années 1392 et 1488. L’Amérique n’était pas encore découverte: les événements dont il s’agit ici sont des années 1511-1517.
[32] La petite vérole avait été apportée par les Espagnols; quant à la perte en question ici, Conf. plus haut, pag. 62. Le mot ichpaa, qui est ici pour château ou forteresse, prouve que les grands édifices du Yucatan étaient encore en partie habités à cette époque.
[33] On ne dit pas qui était Ahpulà; mais pour que sa mort ait fait ici l’objet d’une date, il doit avoir été un personnage important parmi les Mayas, au moment de la conquête.
[34] Pio Perez fait mourir Ahpulà, suivant son commentaire, à l’an 1473, tandis que le document maya, texte et traduction, la fixe avec raison à l’an 1536, ce qui, avec les dates données par Landa, lève presque tous les doutes.
[35] Le document reparle ici de la ruine de Mayapan, en assignant à cet événement une antériorité de soixante ans au temps de la conquête: ce chiffre, répété deux fois, et à deux époques assez éloignées l’une de l’autre, semblerait annoncer une incorrection dans le texte où, au lieu d’ox-kal, trois-vingts, il faudrait lire probablement can-kal, quatre-vingts.
[36] Il s’agit ici des religieux qui, avec Landa, prêchèrent la doctrine chrétienne aux Mayas et commencèrent à les baptiser.