En venant de la Vera-Cruz vers la pointe de Cotoch, elle est située à moins de XX degrés, et vers la bouche de Puerto-Real à moins de vingt-trois; et, d’une extrémité à l’autre, elle peut bien avoir cent trente lieues de long, chemin direct[5]. La côte est basse; aussi les gros navires cinglent-ils quelque peu éloignés de terre.
Elle est hérissée de rochers et d’âpres ardoisières qui usent beaucoup les câbles des navires, et la plage y est très-étendue, d’où il arrive que quand même les navires donnent à la côte, il se perd peu de monde.
Les marées sont si fortes, surtout dans la baie de Campêche, que la mer en plusieurs endroits laisse souvent à découvert une étendue de plus d’une demi-lieue. De sorte qu’avec ces grandes marées, il reste souvent entre les algues et les épaves, ou dans les flaques d’eau, un grand nombre de petits poissons dont se nourrit beaucoup de monde.
Le Yucatan est traversé par une petite chaîne de montagnes d’un angle à l’autre, laquelle commence près de Champoton, et s’avance jusqu’à la ville de Salamanca, à l’encoignure opposée à celle de Champoton. Cette chaîne divise le Yucatan en deux parts; celle du midi, qui s’étend vers le Lacandon et Taiza[6], est déserte faute d’eau, car il n’y en a que lorsqu’il pleut; et celle du nord qui est habitée.
Cette terre est fort chaude et le soleil brûle durement, bien qu’il n’y manque pas de brises fraîches comme celles du nord-est et de l’est qui dominent principalement, et les vents de mer qui soufflent le soir. Le monde vit longtemps dans ce pays, et l’on y a vu plus d’une fois des gens de cent quarante ans.
L’hiver commence à la Saint-François[7], et dure jusqu’à la fin de mars, parce que c’est le temps où dominent les vents du nord, qui occasionnent des rhumes très-forts, et des fièvres causées surtout par la mauvaise manière de se vêtir des habitants. Vers la fin de janvier et en février, il y a un petit été accompagné d’un soleil ardent, et durant ce temps il ne pleut point, sinon à l’entrée de la lune. Les eaux commençant dès le mois d’avril durent jusqu’à la fin de septembre: c’est dans cet intervalle que les indigènes font toutes leurs semailles, lesquelles arrivent à maturité, bien qu’il continue à pleuvoir; ils sèment aussi à la Saint-François une qualité particulière de maïs qu’ils recueillent au bout d’un temps fort court.
§ II.—Origen del nombre desta provincia. Situation della.
Que esta provincia se llama en lengua de los Indios Ulumil Cuz y Etel Ceh, que quiere dezir tierra de pavos y venados, y que tambien la llaman Peten que quiere dezir isla, engañados por las ensenadas, y bayas dichas. Que quando Francisco Hernandez de Cordoba llego a este tierra, saltando en la punta que el llamo Cabo de Cotoch, hallo ciertos pescadores indios, y les pregunto que tierra era aquella; y que le respondieron Co t’och que quiere dezir nuestras casas, y nuestra patria, y que por esto se puso este nombre a aquella punta, y que preguntandoles por señas que como era suya aquella tierra, respondieron ci u than que quiere dezir, dizen lo, y que los españoles la llamaron Yucatan, y que esto se entendio de uno de los conquistadores viejos llamado Blas Hernandez que fueron con el adelantado la primera vez.
Que Yucatan a la parte de medio dia tiene los rios de Taiza, y las sierras de Lacandon, y que entre medio dia y poniente cae la provincia de Chiapa, y que para passar a ella, se avian de atravesar los quatro rios que decienden de las sierras, que con otros se viene a hazer Sant Pedro y Sant Pablo, rio que discubrio en Tabasco Grijalva y que a poniente esta Xicalango y Tavasco que es una mesma provincia.
Que entre esta provincia de Tabasco y Yucatan estan las dos bocas que rompe la mar en la costa, y que la mayor de estas tiene una gran laguna de abertura y que la otra no es muy grande. Que entra la mar por estas bocas con tanta furia que se haze una gran laguna abundante de todos pescados, y tan llena de isletas que los indios ponen señales en los arboles para acertar el camino, para ir o venir navegando de Tavasco a Yucatan y que estas islas y sus playas y arenales estan llenos de tanta diversidad de aves marinas, que es cosa de admiracion y hermosura, y que tambien ay infinita caça de venados, conejos, y puercos de los de aquella tierra, y monos que no los ay en Yucatan. Que ay muchas yguanas que espanta, y en una dellas esta un pueblo que llaman Tixchel.