Que llegado el Adelantado a Mexico con su hijo y sobrino llego luego a buscar suya doña Beatrix de Herrera su muger y una hija que en ella tenia, llamada doña Beatrix de Montejo con quien avia casado clandestinamente en Sevilla... y dizen algunos que la negava; pero don Antonio de Mendoça virey de la Nueva España se paso de por medio, y que assi la recibio y le embio el virey por governador de Honduras donde caso su hija con el licenciado Alonso Maldonado, presidente de la audiencia de los confines y que despues de algunos años le passaron a Chiapa desde donde embio a su hijo con poderes a Yucatan y la conquisto y pacifico.

Que este don Francisco hijo del adelantado se crio en la corte del rey catholico y que le truxo su padre quando bolvio a las Indias a la conquista de Yucatan y de alli fue con el a Mexico y que el virey don Antonio y el marques don Hernando Cortes le quisieron bien, y fue con el marques a la jornada de Caliphornia y que tornado le proveyo el virey para regir a Tabasco y se desposo con una señora llamada doña Andrea del Castillo que avia passado donzella a Mexico con parientes suyos.

§ XIII.—Montejo abandonne le Yucatan et retourne à Mexico avec son monde. Francisco de Montejo, son fils, pacifie plus tard le Yucatan.

C’est à dessein que l’adelantado n’occupa pas..........[80]; car il était trop loin de la mer pour entretenir des relations avec Mexico et recevoir des choses d’Espagne. Les Indiens, de leur côté, trouvant qu’il était dur de servir des étrangers là où ils étaient les maîtres, commençaient à l’offenser en toutes les occasions, quoiqu’il se défendît avec ses gens et ses chevaux et tuât un assez grand nombre d’ennemis. Mais les Indiens reprenaient courage chaque jour: les vivres venant à manquer aux Espagnols, ils se décidèrent à abandonner la ville pendant la nuit: ils attachèrent un chien au battant de la cloche, avec un peu de pain à distance, de manière à ce que l’animal n’y pût atteindre, ayant le jour d’avant fatigué les Indiens par des escarmouches, afin qu’ils ne se missent pas à les suivre. Le chien sonnait la cloche pour tâcher de happer le pain, ce qui étonnait grandement les Indiens s’imaginant que les Espagnols s’apprêtaient à faire une sortie contre eux. Mais en apprenant ensuite ce qui avait eu lieu, furieux du tour qu’on leur avait joué, ils se résolurent à courir de tous les côtés à la fois après les Espagnols, ne sachant par quel chemin ils s’étaient dirigés. Ceux qui parvinrent à les rejoindre, leur tombèrent dessus avec de grands cris comme sur des fuyards; mais six cavaliers les attendirent dans une plaine et en tuèrent un grand nombre à coups de lance. Un Indien, entre autres, saisit un cheval par une jambe et le retint quelque temps, comme si c’eût été un mouton. Les Espagnols arrivèrent enfin à Zilan, qui est une fort belle ville, dont le seigneur était un jeune homme de la famille des Chèles, déjà chrétien et ami des Espagnols. Celui-ci les traita avec beaucoup de bienveillance; comme Ticokh était près de là, et que cette ville, ainsi que toutes les autres localités de cette côte, relevait de la seigneurie des Chèles, ils les laissèrent tranquilles durant plusieurs mois.

Considérant qu’il lui était impossible, en ce lieu, de recevoir aucun secours d’Espagne, qu’en cas d’un soulèvement des Indiens, ils seraient inévitablement perdus, l’adelantado prit la résolution de partir pour Campêche et Mexico, abandonnant entièrement le Yucatan avec son monde. De Zilan à Campêche, il y a quarante-huit lieues. Ayant fait part de son dessein à Vamux-Chel, seigneur de Zilan[81], celui-ci s’offrit à assurer le chemin et à accompagner les Espagnols: l’adelantado traita l’affaire avec un oncle de ce seigneur qui était seigneur de Yobaïn[82], et obtint qu’il lui donnât pour l’accompagner deux fils qu’il avait, jeunes gens de fort bonne mine. De cette façon, ayant placé ces deux jeunes princes en croupe et celui de Zilan à cheval, il arriva en sécurité avec eux à Campêche, où il fut reçu pacifiquement ainsi que son monde. Là, les Espagnols prirent congé des Chèles; mais le prince de Zilan tomba mort en s’en retournant dans ses États. L’adelantado partit pour Mexico où Cortès lui avait signalé des Indiens en partage, quoiqu’il fût absent.

L’adelantado étant arrivé à Mexico, avec son fils et son neveu, se mit aussitôt à la recherche de doña Beatrix de Herrera, sa femme, avec qui il s’était marié clandestinement à Séville, ainsi qu’une fille qu’il avait d’elle, nommée doña Beatrix de Montejo. D’autres disent qu’il refusait de la reconnaître pour son épouse, mais que don Antonio de Mendoza, vice-roi de la Nouvelle Espagne, s’entremit pour les mettre d’accord et la fit recevoir. Le vice-roi l’envoya ensuite comme gouverneur en Honduras, et là sa fille épousa le licencié Alonso de Maldonado, président de l’Audience des Confins[83]. Quelques années après, il fut transféré au gouvernement de Chiapa, d’où Montejo envoya son fils avec ses pouvoirs au Yucatan, et celui-ci en fit la conquête et pacifia le pays.

Ce même don Francisco, fils de l’adelantado, avait été élevé à la cour du roi catholique: son père l’emmena avec lui, lorsqu’il retourna aux Indes, pour la conquête du Yucatan, d’où ils allèrent ensuite ensemble à Mexico. Le vice-roi don Antonio et le marquis Hernando Cortès avaient pour lui beaucoup d’affection, c’est ce qui fit que le marquis l’emmena à son tour dans son expédition de la Californie. A son retour à Mexico, il fut pourvu par le vice-roi du poste de gouverneur de Tabasco, et il y épousa une dame nommée doña Andrea del Castillo, laquelle était venue fille à Mexico, avec ses parents.

§ XIV.—Estado de Yucatan despues de la salida de los españoles. Don Francisco hijo del Adelantado Montejo restablece el govierno español en Yucatan.

Que salidos los españoles de Yucatan, falto el agua en la tierra, y que por aver gastado sin orden su maiz en las guerras de españoles, les sobrevino gran hambre, tanto que vinieron a comer cortezas de arboles, en especial de uno que llaman cumché, que es fofo por de dentro y blando, y que por esta hambre los Xiuis, que son los señores de Mani acordaron hazer un sacrificio solemne a los idolos, llevando ciertos esclavos y esclavas a echar en el pozo de Chicheniza y que avian de pasar por el pueblo de los señores Cocomes sus capitales enemigos, y que pensando que en tal tiempo no renovarian las passiones viejas, les embiaron a rogar que les dexassen passar por su tierra y que los Cocomes les engañaron con buena respuesta: y que dandoles posada a todo juntos en una gran casa les pegaron fuego y mataron a los que escapavan y que por esto uvo grandes guerras; y que se les recrecio langosta por espacio de cinco años que no les dexava cosa verde, y que vinieron a tanta hambre que se cayan muertos por los caminos, de manera que quando los españoles volvieron, no conocian la tierra, aunque en otros quatro años buenos despues de la langosta se avian algo mejorado.

Que este don Francisco se partio para Yucatan por los rios de Tabasco y entro por las lagunas de dos bocas y que el pueblo primero que topo fué Champoton con cuyo señor llamado Mochkovoh le fue mal a Francisco Hernandez y a Grijalva; y por ser ya muerto, no uvo alli resistencia, antes los deste pueblo sustentaron a don Francisco y a su gente dos años en el qual tiempo no pudo passar adelante por la mucha resistencia que hallava, y que despues passo a Campeche y vino a tener mucha amistad con los de aquel pueblo. De manera que con su ayuda y de los de Champoton acabo la conquista prometiendoles que serian remunerados del rey por su mucha fidelidad, aunque hasta agora el rey no lo ha cumplido.