Que la resistencia no fue bastante para que don Francisco dexasse de llegar con su exercito a Tiho, donde se poblo la cibdad de Merida, y que dexando el bagage en Merida començaron a proseguir su conquista embiando capitanes a diversas partes, y que don Francisco embio a su primo Francisco de Montejo a la villa de Valladolid, para pacificar los pueblos que estavan algo rebeldes, y para poblar aquella villa como aora esta poblada. Y que poblo en Chectemal la villa de Salamanca, y que tenia ya poblado a Campeche, y dio orden en el servicio de los indios y en el govierno de los españoles, hasta que el Adelantado su padre vino a governar desde Chiapa con su muger y casa y fue bien recebido en Campeche y llamo a la villa Sant Francisco por su nombre, y despues passo a la cibdad de Merida.

§ XIV.—Etat du Yucatan après le départ des Espagnols. Don Francisco fils de l’Adelantado Montejo rétablit le gouvernement espagnol dans ce pays.

Après le départ des Espagnols du Yucatan, l’eau manqua à la terre: comme les habitants avaient gaspillé le maïs dans les guerres avec l’étranger, il y eut une si grande famine, qu’ils en vinrent à manger des écorces d’arbre, en particulier de celui qu’ils appellent cum-ché, dont l’intérieur est mou et tendre. Par suite de cette famine, les Xiuis, qui sont les princes de Mani, résolurent d’offrir un sacrifice solennel aux idoles, emmenant avec eux des esclaves des deux sexes, pour les jeter dans le puits de Chichen-Itza. Comme ils devaient, à cet effet, traverser une localité appartenant aux princes Cocom, leurs ennemis déclarés, s’imaginant qu’en de telles circonstances ceux-ci ne renouvelleraient pas les haines antiques, ils leur envoyèrent demander de les laisser passer par leurs terres, à quoi les Cocomes répondirent, avec une apparente cordialité, afin de les attirer dans le piége. Ils les reçurent tous ensemble dans une grande maison, à laquelle ils mirent ensuite le feu, massacrant ceux qui parvenaient à se sauver des flammes[84]. Cette trahison donna lieu à une recrudescence d’hostilités; il y eut en même temps une invasion de sauterelles cinq années successivement, durant lesquelles il ne resta rien de vert; ce qui causa une telle famine, que les gens tombaient morts dans les chemins, en sorte que lorsque les Espagnols retournèrent, ils ne reconnaissaient plus le pays, bien que quatre années d’abondance eussent remédié, tant soit peu, à la ruine occasionnée par les sauterelles.

Don Francisco, fils de l’adelantado, se mit en chemin pour le Yucatan, par les rivières de Tabasco; étant entré dans les lagunes de Dos Bocas[85], la première localité qu’il toucha fut Champoton, dont le seigneur Mochcovoh avait si mal reçu auparavant Francisco Hernandez et Grijalva. Mais celui-ci était mort. Don Francisco n’éprouva de leur part aucune résistance; ils le nourrirent, au contraire, lui et ses gens, pendant deux années qu’il y demeura, sans pouvoir marcher en avant, à cause de la grande opposition qu’on lui faisait plus loin. Il passa ensuite à Campêche, dont les habitants s’allièrent à lui solidement: à l’aide de ceux de cette ville et de Champoton, il acheva ainsi la conquête du pays, leur promettant, aux uns et aux autres, qu’ils seraient récompensés par le roi, pour leur fidélité, bien que jusqu’aujourd’hui le roi n’ait pas encore pensé à remplir cet engagement.

Cette résistance fut, par conséquent, insuffisante pour empêcher don Francisco d’arriver avec son armée jusqu’à Tiho, où il établit la cité de Mérida[86]. Laissant les bagages dans cette ville, il commença à poursuivre sa conquête, dirigeant des capitaines en différentes parties du pays, envoya son cousin Francisco de Montejo à la ville de Valladolid, afin de pacifier les populations qui se montraient quelque peu rebelles et pour coloniser cette ville de la manière qu’elle est occupée actuellement: il établit pareillement à Chectemal la ville de Salamanca, et comme il occupait déjà Campêche, il régularisa le service des Indiens et le gouvernement des Espagnols, jusqu’à l’arrivée de son père l’adelantado: celui-ci vint alors de Chiapa, avec sa femme et sa maison, afin de prendre les rênes de l’autorité; il fut parfaitement reçu à Campêche, qu’il appela de son nom la ville de San-Francisco, et se transporta ensuite à la cité de Mérida.

§ XV.—Crueldades de los españoles en los naturales. Como se disculparon.

Que los indios recibian pesadamente el iugo de la servidumbre; mas los españoles tenian bien repartidos sus pueblos que abraçavan la tierra, aunque no faltava entre los indios quien los alterasse, sobre lo qual se hizieron castigos muy crueles, que fue causa que se apocasse la gente. Quemaron vivos algunos principales de la provincia de Cupul, y ahorcaron otros. Hizose informacion contra los de Yobain, pueblo de los Cheles, y prendieron la gente principal y metieronlos en una casa en cepos y pegaron fuego a la casa y se abrasaron vivos con la mayor inhumanidad del mundo, y dize este Diego de Landa que el vio un gran arbol cerca del pueblo en el qual un capitan ahorco muchas mugeres indias de las ramas, y de los pies dellas los niños sus hijos y que en este mismo pueblo, y en otro que dizen Verey, dos leguas del, ahorcaron dos indias la una donzella, y la otra rezien casada, no por otra culpa, sino porque eran muy hermosas, y temian que se rebolveria el real de los españoles sobre ellas, y porque pensassen los indios que no se les dava nada a los españoles de las mugeres, y que destas dos ay mucha memoria entre los indios y españoles por su gran hermosura y por la crueldad con que las mataron.

Que se alteraron los indios de la provincia de Cochua y Chectemal y que los españoles los apaziguaron de tal manera que siendo dos provincias las mas pobladas y llenas de gente, quedaron las mas desventuradas de toda aquella tierra, haziendo en ellas crueldades inauditas, cortando manos, braços, y piernas, y a las mugeres los pechos y echandolas en lagunas hondas con calabaças atadas a los pies, y dando de estocadas a niños porque no andavan tanto como las madres; y si los que llevavan en colleras enfermavan, o no andavan tanto como los otros, cortavanles entre los otros las cabeças por no pararse a soltarlos, y que trayan gran numero de mugeres y nombres captivos para su servicio con semejantes tratamientos. Y que sa afirma que don Francisco de Montejo no hizo ninguna destas crueldades, ni se hallo a ellas, antes le parecieron muy mal, pero que no pudo mas.

Que los españoles se desculpan con dezir que siendo ellos pocos, no podian sujetar tanta gente sin ponerles miedo con castigos terribles y traen exemplo de historias y de la passada de los Hebreos a la tierra de promission con grandes crueldades, por mandado de Dios, y que por otra parte tenian razon los indios de defender su libertad, y confiar en los capitanes que tenian muy valientes para entre ellos y pensavan que assi serian contra los españoles.

Que cuentan de un ballestero español y de un flechero indio que por ser muy diestros el uno y el otro se procuravan matar y no podian tomarse descuidados, y que el español fingio descuidarse puesta la una rodilla en tierra, y que el indio le dio un flechazo por la mano que le subio el braço arriba y le aparto las canillas una de otra, y que al mismo tiempo solto el español la ballesta y dio al indio por los pechos; y que sintiendose herido de muerte, porque no dixessen que español le avia muerto, corto un bexuco que es como minbre y muy mas largo, y se ahorco a vista de todos con el; y que destas valentias ay muchos exemplos.