Dioseles tambien orden para que dexassen los assientos que tenian en los montes, y se juntassen como antes en buenas poblaciones, para que mas facilmente fuessen enseñados, y no tuviessen tanto trabajo los religiosos, para cuya sustentacion les hazian limosnas las pascuas y otras fiestas, y hazian limosnas a las yglesias por medio de dos indios ancianos, nombrados para esto, con lo qual davan lo necessario a los frayles quando andavan visitando entre ellos, y tambien adereçavan las iglesias de ornamentos.
Que estando esta gente instruidos en la religion y los moços aprovechados como diximos, fueron pervertidos por los sacerdotes que en su idolatria tenian, y por los señores, y tornaron a idolatrar y hazer sacrificios no solo de saumerios sino de sangre humana, sobre lo qual los frayles hizieron inquisicion y pidieron ayuda al alcalde mayor y prendieron muchos y les hizieron processos y se celebro un auto en que pusieron muchos en cadahalço, encoroçados, y açotados y trasquilados, y algunos ensanbenitados por algun tiempo, y que algunos de tristeza, engañados del demonio se ahorcaron, y que en comun mostraron todos mucho repentimiento y voluntad de ser buenos christianos.
§ XVIII.—Défauts des Indiens. Manière dont les instruisirent les religieux. Enseignement de la langue et des lettres. Châtiments infligés à quelques apostats.
Les principaux vices des Indiens étaient l’idolâtrie, la répudiation, les orgies où ils s’enivraient publiquement, l’usage où ils étaient de vendre et d’acheter des esclaves; de là vint qu’ils commencèrent à haïr les religieux, lorsque ceux-ci travaillèrent à les en détourner. Mais en dehors des Espagnols, ceux qui donnèrent le plus de désagrément aux religieux, quoique en cachette, ce furent les prêtres, ce qui était assez naturel, puisqu’ils avaient perdu leur office et les profits qui leur en revenaient.
La manière que l’on adopta pour enseigner la doctrine aux Indiens fut de réunir les petits enfants des chefs avec ceux des principaux de l’endroit, en les faisant placer autour du monastère ou de la maison qu’en chaque localité on préparait à cet effet: ils étaient là tous ensemble, et leurs parents leur apportaient à manger. A ces enfants se joignaient ceux qui venaient au catéchisme, et il arriva fréquemment à un grand nombre d’entre eux de demander le baptême avec une grande dévotion: ces enfants une fois instruits avaient soin d’avertir les religieux des actes d’idolâtrie et des orgies qui se commettaient; ils brisaient les idoles, encore même qu’elles appartinssent à leurs pères. Ils engageaient les femmes qui avaient été répudiées, ainsi que les orphelins qu’on réduisait en esclavage, à porter leurs plaintes aux moines, et sans craindre les menaces que leur adressaient leurs parents, ils leur répondaient sans s’arrêter qu’ils leur faisaient honneur, en s’occupant du bien de leurs âmes. L’adelantado et les juges du roi prêtaient constamment main forte aux religieux pour réunir les Indiens au catéchisme, comme pour châtier ceux qui retournaient à leur vie passée. Les chefs, dans les commencements, donnaient leurs enfants de mauvaise volonté, s’imaginant que c’était pour en faire des esclaves, ainsi que les Espagnols l’avaient fait: aussi envoyaient-ils fréquemment leurs jeunes serviteurs au lieu de leurs fils; mais lorsqu’ils eurent compris de quoi il était question, ils les laissèrent aller de bon cœur. C’est ainsi que les jeunes gens profitèrent si bien dans les écoles et le reste du peuple au catéchisme; aussi était-ce une chose admirable.
On apprit à lire et à écrire la langue des Indiens, de telle façon qu’on la réduisit en forme de grammaire qu’on étudiait comme la latine[93]. Il se trouva ainsi qu’ils n’usaient pas de six de nos lettres qui sont: D, F, G, Q, R, S, dont ils n’ont aucun besoin; mais ils sont obligés d’en doubler d’autres, comme aussi d’en ajouter, afin d’entendre les significations variées de certains mots; parce que pa veut dire ouvrir, et ppa, en serrant beaucoup les lèvres, signifie briser; tan est la chaux et la cendre, et tan, prononcé avec force entre la langue et les dents de la mâchoire supérieure[94], veut dire parole ou parler, et ainsi des autres. Ayant admis, d’ailleurs, qu’ils avaient pour ces choses des caractères différents, il n’y eut aucune nécessité d’inventer de nouvelles figures de lettres, mais bien de profiter des lettres latines, afin que l’usage en fût commun à tous[95].
On travailla en même temps à ce que les Indiens laissassent les habitations qu’ils avaient dans les bois et qu’ils se réunissent comme auparavant dans de bonnes bourgades: c’était le moyen de les instruire avec plus de commodité, et de donner moins de peine aux religieux. Pour sustenter ces derniers, ils faisaient des aumônes aux trois fêtes principales[96] et aux autres fêtes: les aumônes pour les églises étaient recueillies par deux Indiens d’un âge respectable, nommés à cet effet, et de cette façon ils fournissaient de quoi vivre aux religieux, lorsque ceux-ci allaient les visiter, comme aussi de quoi pourvoir aux ornements des églises.