«13 avril 1813.
«Mon cher prince, j'ai porté une division sur Vach ayant ses postes sur Eisenach, une autre est à Fulde, la troisième va soutenir celle-ci. Sa Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire qu'elle vous avait donné l'ordre de rassembler votre corps sur Meiningen, et que peut-être vous le porteriez sur Erfurth. Veuillez me faire connaître ce que vous comptez faire, afin que je règle mes mouvements en conséquence et que je m'avance sur Eisenach et même sur Gotha, si votre mouvement en avant s'exécute. Une lettre du vice-roi m'annonce qu'il avait encore, le 10, son quartier général à Strasfurth, que le général d'York était à Dessau et paraissait être suivi par le général Wittgenstein, et que tout annonçait un mouvement général de l'ennemi; mais que rien n'indiquait d'une manière précise ce qu'il voulait faire, et si son intention était de se porter sur lui ou de chercher à pénétrer dans la Thuringe.»
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.
«Saint-Cloud, le 14 avril 1813.
«Mon cousin, je reçois votre lettre du 11 avril, et j'y vois que, le 12, la division Compans sera à Fulde, et que, le 12, la division Bonnet part pour Eisenach. Elle aura donc pu y arriver le 15. Vous ne me parlez pas du mouvement de votre troisième division. Je suppose que, le 15, cette division sera aussi près de Fulde, et que, vous-même, vous aurez votre quartier général sur Eisenach.--Gotha est un très-beau pays, où il est nécessaire de faire sur-le-champ une réunion de farines.--Je suppose que votre troisième division a déjà son artillerie; mais ce qui importe, c'est que vous ayez au moins une ou deux compagnies d'artillerie légère et vos batteries de réserve. Il faut beaucoup d'artillerie dans cette guerre.--Vous devez avoir quatre-vingt-douze pièces de canon; mais seize pièces étaient destinées à la quatrième division, qui ne peut pas encore entrer en ligne: cela doit donc au moins vous faire soixante-seize.--Le duc d'Istrie arrive avec une division de la garde à pied et une à cheval, et environ cinquante-deux pièces. Ainsi ce corps d'armée, formant provisoirement quarante mille hommes d'infanterie et six à sept mille chevaux, aura donc cent vingt-huit pièces de canon.--La seconde division d'infanterie de la garde, avec trente-huit pièces de canon, ne doit pas tarder à le joindre.--Par une inconcevable disposition du général Sorbier, seize compagnies, qui devaient arriver de Magdebourg, sont en retard. Je suppose cependant qu'elles ne tarderont pas à arriver. On y a pourvu néanmoins par le mouvement de quatorze autres compagnies.--Je suppose que les premier et second bataillons du 37e sont en marche pour rejoindre la division Bonnet, et que les troisième et quatrième bataillons ne tarderont pas, ce qui, joint aux six bataillons du général Durutte, provisoirement en subsistance dans cette division, en portera le nombre à vingt bataillons. Il faudra en former trois brigades, chacune de six à sept bataillons.
«Napoléon.»
LE MARÉCHAL MARMONT AU MAJOR GÉNÉRAL.
«15 avril 1813.
«J'ai reçu l'ordre de l'Empereur de porter, du 13 au 18, ma deuxième division sur Vach, et mes première et troisième sur Fulde, et ensuite de pousser des troupes sur Eisenach.
«Ma deuxième division est dans ce moment-ci à Vach, ayant ses avant-postes sur Eisenach; ma première division est à Fulde; ma troisième division part demain matin pour se rendre également sur cette place, et j'y serai moi-même après-demain. Les ordres de l'Empereur étant en pleine exécution, je serai sur Eisenach aussitôt que possible.