L'armée du Nord, commandée par le prince royal de Suède, était composée de cent quatre-vingt-six bataillons, de cent quatre-vingt-quatorze escadrons et de trois cent quatre-vingt-sept pièces d'artillerie. Elle était organisée en cinq corps, formant douze divisions d'infanterie et sept divisions de cavalerie. On y avait ajouté treize régiments de Cosaques, commandés par le général Vinzigorod. Cette armée était sous les ordres des généraux Bulow, Tanentzien, maréchal Steding, général Woronzoff. Elle présentait une force de cent cinquante-cinq mille hommes, dont trente-cinq mille à cheval.
Il existait, en outre, dans le bas Elbe, des troupes légères ou de nouvelles levées, de différents pays, mêlées sous les ordres des généraux Valmoden, Végezac, Dornberg. Ces troupes présentaient un total de quarante mille hommes, dont huit mille à cheval.
Ce n'était pas tout. On avait formé en Pologne deux armées de réserve russes. La première, composée de soixante mille hommes, aux ordres du général Bemzsen, arriva à Toeplitz le 28 septembre. La seconde, aux ordres du général Tabanoff-Taslowsky, forte de cinquante mille hommes, occupa le grand-duché de Varsovie. Devant Dantzig, il y avait trente-cinq mille hommes; devant Zamosch, quatorze mille; devant Glogau, vingt-neuf mille quatre cent soixante-dix; devant Custrin, huit mille quatre cent cinquante; devant Stettin, quatorze mille; total, cent deux mille deux cents.
Enfin, indépendamment de l'armée d'Italie, l'Autriche avait deux armées de réserve, qui, successivement, vinrent se joindre à la masse des forces combinées, savoir: sur la frontière de Bavière, dix-huit bataillons et trente-six escadrons, faisant vingt-quatre mille sept cent cinquante hommes; à Vienne et à Presbourg, quarante-huit bataillons et soixante-douze escadrons, faisant soixante-cinq mille hommes; total, quatre-vingt-neuf mille sept cent cinquante.
Ainsi l'ensemble des forces qui nous étaient opposées s'élevait à près de neuf cent mille hommes, dont plus de cent cinquante mille à cheval.
J'ai indiqué la manière dont elles étaient réparties. Mais je ferai remarquer ici la profondeur du calcul qui fit mélanger toutes les troupes des différentes nations, seul moyen de donner de la consistance à la coalition, de mettre obstacle à des combinaisons politiques particulières, et de substituer à des jalousies de nation, si naturelles et si habituelles en pareil cas, une rivalité de soldat sur le champ de bataille qui devenait une garantie de succès.
Voici quelle était la formation de l'armée française:
En Silésie, les troisième, cinquième, sixième et onzième corps, dont la force, avec la cavalerie, s'élevait à cent vingt mille hommes. Ils étaient, au début de la campagne, et accidentellement, sous les ordres du maréchal prince de la Moskowa, le plus ancien des trois maréchaux réunis sur cette frontière.--Les quatrième, septième et douzième corps, et le troisième de cavalerie furent rassemblés à Dahme, sous les ordres du duc de Reggio, en Lusace.--Les premier, deuxième et huitième corps, avec les premier et quatrième de cavalerie, furent concentrés dans les environs de Zittau.--Le quatorzième corps occupait le camp de Pirna, et couvrait Dresde, où était Napoléon avec sa garde.
L'Empereur arriva le 18 à Görlitz. Le 19, il se rendit à Zittau et s'avança jusqu'à Gabel. Il fut tenté d'entrer en Bohême par la route qui mène à Gitschin. Son objet était de mettre obstacle à la réunion des diverses armées sur Prague; mais, apprenant que déjà elle était opérée, il vit Dresde menacé et comprit la nécessite de se tenir à portée de secourir cette place. Laissant les premier et deuxième corps à Rumburg et Zittau, il se rendit à l'armée de Silésie, avec sa garde et le premier corps de cavalerie, en se dirigeant sur Lövenberg, où il arriva le 21.
Blücher avait commencé son mouvement offensif avant l'expiration de l'armistice, et les corps d'armée française, qu'il avait en face, s'étaient aussitôt mis en marche pour se réunir sur le Bober. Le 16, le corps de Langeron avait déjà dépassé Goldsberg. Un bataillon de la division Charpentier, placé en avant de Lövenberg, faillit être enlevé, et se fit jour à travers l'ennemi. Le 18, le cinquième corps se réunit à Lövenberg avec le onzième corps. L'ennemi, ayant passé le Bober, porta une avant garde à Lahore. Le duc de Tarente l'attaqua et lui fit repasser la rivière.