Un navire s'approchait de l'île.
Le premier qui sauta du canot fut un marin à forte carrure, frisant la cinquantaine, à la physionomie rude et sévère, évidemment le chef des matelots.
—Qui êtes-vous? fit-il en s'adressant à Hélène en anglais?
La jeune tille s'était à ce point déshabituée de la vue d'êtres humains, qu'elle perdit complètement la tête à cette simple question et ne put prononcer un seul mot.
—Dites-moi, mademoiselle, comment vous trouvez-vous ici? Êtes-vous seule dans cette île? répéta doucement le rude marin, tandis que les matelots qui l'accompagnaient entouraient Hélène avec curiosité.
Mais la vue d'un si grand nombre d'hommes intimidait la jeune fille, et elle put à peine murmurer en réponse quelques paroles inintelligibles.
—Eh, maître! cria le capitaine à l'un des hommes qui l'accompagnaient. A l'œuvre! Donnez des ordres pour qu'on remplisse les tonnes d'eau.
Sur un signe du maître d'équipage, tous les matelots se dirigèrent vers le canot, où se trouvaient plusieurs tonnes vides.
—Eh bien, mademoiselle, voulez-vous bien me dire maintenant si vous êtes seule dans cette île et comment vous y êtes venue?