Hélène se tenait sur le pont avec sa longue-vue et regardait le rivage peu hospitalier, sur lequel se dressaient trois montagnes énormes, tout à fait différentes d'aspect, et de formes bizarres, comme elle n'en avait jamais vu.

A gauche s'élevait une montagne longue, pas trop escarpée, avec un enfoncement au milieu et le sommet en pente douce. A côté une autre, également large à la base, et le sommet comme tronqué, s'étendait en un large plateau. Elle avait l'aspect d'une énorme table ronde. Tout près, s'élevait perpendiculairement une troisième, dont la forme rappelait une tour inaccessible.

—C'est la montagne de la Table? demanda Hélène, en indiquant à un matelot qui se tenait auprès d'elle, celle qui se trouvait au milieu.

—Oui.

—Et comment s'appelle l'autre, à droite?

—Le Pic du Diable.

—Et à gauche?

—La montagne des Lions.

Pareils à trois monstres, ces trois montagnes sombres montaient la garde autour du rivage méridional de l'Afrique, le protégeant contre la fureur des tempêtes et des ouragans.

La montagne de la Table servait aux habitants du Cap d'indicateur exact du temps: lorsque son sommet s'enveloppait de nuages, une tempête était imminente.