Le vieillard, plein d'effroi, appelait sa fille.
Personne ne se rappela comment l'ouragan avait fini. Le capitaine remonta le premier et, navré, contemplait le pont dévasté. Heureusement, il restait sur le navire trois canots qui au début de la tempête, avaient été solidement attachés aux mâts et qui maintenant tenaient encore à leurs débris.
La tempête reprit, quoique avec une force moindre.
Le troisième jour, à l'approche du matin, elle se calma; mais vers le soir, un vent violent se remettait à souffler et les vagues s'agitaient avec une telle fureur, que le navire en craquait dans ses œuvres vives.
Pour comble de malheur, une voie d'eau se déclara. La catastrophe paraissait inévitable, et Hélène considérait chaque moment comme le dernier de sa vie. Le capitaine et les matelots étaient à bout de forces, mais continuaient pourtant, infatigables, à pomper pour éloigner autant que possible la mort.
Encore une nuit effroyable. L'aurore commençait à poindre, quand le navire retentit soudain de ces cris: terre, terre!
Hélène se précipita sur le pont. En effet, à quelques milles du brick, on apercevait une terre. Les vagues gigantesques et furieuses, chassées par le vent, y entraînaient rapidement le navire. Le salut paraissait proche.
C'était, à ce que l'on pouvait croire, une île, de deux milles de long à peu près. Du navire on apercevait très bien la côte sombre et rocheuse, où s'élevaient, de place en place, des palmiers solitaires. Les matelots se remirent à pomper avec une énergie décuplée. La vue du rivage si proche faisait renaître en eux l'espoir d'un prompt salut.
Mais voici qu'éclate un craquement effroyable, et le navire s'arrête instantanément, échoué sur un écueil. Un cri de terreur s'échappa de toutes les poitrines. Les matelots se cramponnèrent à ce qu'ils purent, pour ne pas être emportés dans la mer par les vagues furieuses, qui s'élançaient par-dessus le pont et menaçaient à chaque instant de mettre le navire en pièces; puis ils se précipitèrent vers les canots, dans l'espoir d'arriver ainsi jusqu'à la terre.
Saisie d'une angoisse effroyable, Hélène accourut sur le pont pour apprendre la cause de la terrible secousse éprouvée par le vaisseau, et reconnut avec horreur que les embarcations avec les matelots qui se sauvaient étaient déjà loin; il ne restait plus à bord que le capitaine avec trois matelots qui se préparaient à sauter dans un petit canot.