Hélène poussa un cri d'effroi: ce cri éveilla son père.
—Hélène! appela-t-il.
—Je viens, je viens, papa! répondit-elle. Ne t'inquiète pas; c'est un oiseau qui m'a fait peur.
Alors seulement elle aperçut un nid sur le rocher. Dans ce nid se trouvaient six grands œufs. Elle en prit trois et courut vers son père.
Après avoir entendu le récit de sa petite aventure, il lui expliqua que l'oiseau devait appartenir au genre des canards, à en juger par la situation du nid sur un rocher.
—Maintenant tu pourras, pendant plusieurs semaines, prendre au nid, chaque matin, une couple d'œufs, fit-il en terminant.
—Mais où nous procurer du feu et des ustensiles pour les cuire? demanda-t-elle avec perplexité.
—La nature elle-même a muni ces œufs d'un ustensile propre à les cuire, répondit en souriant le vieux marin. N'as-tu pas remarqué, Hélène, combien leur coquille est dure et solide? Quant au feu, ne t'en inquiète pas. Fort heureusement, j'ai dans ma poche un caillou et un briquet. Ramasse le plus possible de bois sec, qui ne peut manquer par ici. La matinée est assez fraîche et nous nous chaufferons en même temps à la flamme.
Hélène ramassa bien vite une brassée de feuilles et de bois sec qu'elle mit en tas. Le vieux marin battit le briquet d'une main habile et passa à sa fille l'amadou allumé, qu'elle plaça, en soufflant dessus, dans le tas de feuilles sèches. Au bout d'un instant, un feu gai flambait devant eux.
Pendant que son père se chauffait, Hélène alla cueillir des fruits. Mais quel ne fut pas son étonnement, quand elle s'aperçut que certains arbres étaient en même temps couverts de fleurs et de fruits mûrs.