Quand elle s'approcha du nid, dont elle avait retiré la veille plusieurs œufs, elle vit avec tristesse qu'il avait disparu, tandis qu'au-dessus du rocher voletait un oiseau solitaire, en poussant des cris plaintifs.

Hélène puisa de l'eau douce à un ruisseau.

Hélène ramassa quelques huîtres, puisa dans une tasse de l'eau douce à un petit ruisseau qui coulait d'une montagne en pente et revint de nouveau vers son père.

Après s'être réconfortés avec ce modeste déjeuner, le père et la fille commencèrent à gravir la montagne. Le chemin était très fatigant. Toute la pente de la montagne était couverte de broussailles et de plantes grimpantes qui gênaient la marche. Par endroits, les rochers qui faisaient saillie les obligeaient à des détours pénibles; parfois ils se trouvaient dans la nécessité de chercher sous les arbres un abri contre les rayons ardents du soleil.

Cette traversée leur prit près de deux heures, et presque toute la provision d'eau qu'Hélène portait avec elle se trouva épuisée. Malgré la soif qui la tourmentait, elle résolut de garder ce qui lui en restait pour son père.

Enfin, ils atteignirent le sommet. La vue qui se présenta à la jeune fille la consterna: de tous les côtés bleuissait une mer immense, qui se confondait à l'horizon lointain avec le ciel.

—Père, nous nous trouvons dans une île. Aussi loin que l'œil peut porter, nous sommes entourés par l'eau! s'écria Hélène, avec l'accent d'un espoir déçu dans la voix.

L'ardeur insupportable du soleil l'obligea de conduire son père à l'ombre d'un arbre immense qui, sur la cime de la montagne, étendait ses branches énormes. C'était le figuier de l'Inde ou plutôt du Bengale, l'un des représentants les plus grandioses de la végétation tropicale. Sous la voûte verdoyante de ces arbres, les Hindous établissent ordinairement leurs demeures et leurs pagodes. Les grosses branches retombaient, enfonçaient leurs extrémités dans la terre et, poussant des racines, formaient autour de lui une rangée de colonnes, qui semblaient un temple vivant, élevé par la nature même.

—Notre île est bordée d'une chaîne continue de montagnes, disait Hélène à son père, et nous nous trouvons maintenant sur l'une des plus hautes. En bas, on aperçoit une vallée verdoyante d'une beauté telle que tu ne saurais te l'imaginer. Là, au fond de la vallée, je vois un petit lac; c'est de là probablement que sort le ruisseau, où tantôt j'ai puisé de l'eau sur le rivage.