—C'est bien, ma fille. Tes paroles calment mes inquiétudes. Il est évident, que nous n'aurons pas à souffrir de la faim: le sol des volcans éteints est d'ordinaire très fertile.
—Que dis-tu, père! Est-ce que nous sommes maintenant sur un volcan? demanda Hélène effrayée.
—Oui, mais sur un volcan éteint, fit en souriant le vieillard, en la rassurant. Tu viens de dire que dans la vallée se trouve un lac. Et quelle en est la végétation? Regarde donc les arbres; y en a-t-il parmi eux de grands et de vieux?
—Il y a là beaucoup d'arbres élevés, répondit la jeune fille dont l'inquiétude s'était dissipée, et à droite on aperçoit une forêt entière de palmiers. Je vois même d'ici, à leurs cimes, des noix de coco. Au bas du lac, on découvre de grands arbres élevés, apparemment de la même espèce que ce figuier, et parmi eux croissent en grande quantité des bananiers. Quelle magnifique verdure dans toute la vallée! Oh! papa, comme il fait bon ici! Je n'aurais jamais cru qu'il pût exister au monde une végétation aussi merveilleuse.
—Dis-moi, mon enfant, la vallée est-elle profonde? Les cimes des arbres qui y croissent atteignent-elles les sommets des collines?
—Non, elles sont beaucoup plus basses.
—Et les montagnes? Sont-elles toutes aussi hautes que celle-ci?
—Elles paraissent toutes de la même hauteur, mais il est probable que nous nous trouvons sur la plus élevée, car on aperçoit d'ici la mer tout autour.
—Par où peut donc s'écouler l'eau du lac, s'il est entouré de tous les côtés par des hauteurs?
—Je ne sais, père, répondit Hélène. Il est vrai que d'ici il semble que la chaîne de montagnes entoure l'île sans interruption; mais il faut bien que le petit ruisseau sur le rivage ait sa source quelque part. Peut-être aussi n'a-t-il rien de commun avec le lac. Maintenant, je m'aperçois que là, entre les arbres, apparaît une petite bande argentée. Il se peut cependant que je me trompe et que ce ne soit autre chose qu'une crique du lac.