Autour d'elle retentissaient le même bruit monotone de la cataracte et le murmure des arbres séculaires sur le sommet de la montagne.

Peu à peu, la jeune fille revint à elle et sa physionomie s'illumina soudain d'espoir et de joie: elle se souvint que les sauvages n'employaient pas les chiffres européens.

—Il est probable que des Européens ont vécu ici, fit-elle presque en criant. Et elle s'élança rapidement sur l'escalier.

Il n'y avait âme qui vive dans la caverne. La première chose qui frappa sa vue fut une table faite avec des pierres superposées et un siège pareil. Les parois inégales avaient évidemment été quelque peu nivelées par la main de l'homme. Sur la table se trouvaient une ancienne longue-vue et une flûte d'une forme particulière. Hélène prit ces objets dans sa main et après les avoir examinés, les remit à la même place. Elle désirait communiquer au plus vite à son père cette découverte importante et le consulter sur ce qu'il y avait à faire. Ayant jeté encore un coup d'œil attentif sur la caverne, elle sortit et, longeant de nouveau la rive gauche du ruisseau, se dirigea vers le berceau de verdure formé par le figuier. Maintenant elle était complètement convaincue que ce berceau avait été façonné par une main d'homme, quoique, depuis lors, il se fût écoulé évidemment beaucoup d'années.

Familiarisée avec l'idée qu'elle se trouvait dans un endroit habité autrefois par des êtres humains, Hélène en aperçut bientôt d'autres vestiges. Dans le tronc du figuier s'ouvrait une cavité, selon toute apparence pratiquée au moyen d'une hache, et que le temps avait presque complètement recouverte d'écorce.

Il n'y avait âme qui vive dans la caverne.

Quand, au retour, Hélène s'approcha du rocher couvert de ceps de vigne, elle put tout de suite se convaincre que ceux-ci avaient été également plantés par un homme.

Après avoir cueilli quelques belles grappes de raisin, elle se remit en route et aperçut bientôt, sur le sommet de la montagne, son père qui, assis à l'ombre de l'arbre sacré, prêtait l'oreille au moindre bruit. Hélène d'une voix joyeuse l'appela de loin et le vit se lever brusquement, au premier son de sa voix.

—J'espère, papa, que tu ne t'es pas inquiété de moi? fit-elle gaîment, en accourant vers lui toute essoufflée.