La faible voix du vieillard, qui l'appelait par son nom, finit par faire revenir à elle la jeune fille. Elle reprit ses sens, se leva, et jetant un regard autour d'elle, se ressouvint de son sinistre pressentiment. En apercevant son père, elle s'élança vers lui et se mit à lui embrasser les mains et la tête.

Mais elle reconnut bientôt que la faiblesse de son père était bien plus grande qu'elle ne le croyait. Il ne pouvait même pas se soulever sans son secours, et il avait dû tomber de faiblesse pendant l'absence de sa fille.

—Hélène, murmura-t-il, emmène-moi dans la grotte la plus obscure. La lumière me fait mal aux yeux.

—Oh, père, tu as, avant tout, besoin de repos, objecta avec sollicitude la jeune fille. Je vais tout de suite voiler l'entrée avec quelque chose, afin que la lumière ne t'importune pas. Et sais-tu? je viens d'apercevoir une voile en mer.

—Une voile! s'écria presque le vieillard.

Et il se leva brusquement, mais retomba tout aussitôt, épuisé.

—Ne te trompes-tu pas?

—Il m'a semblé que c'était une voile, quoique je n'en sois pas absolument sûre.

—Hélène, couvre-moi la tête et retourne au plus vite sur le rivage.

—Mais comment te laisser là tout seul? demanda Hélène avec inquiétude.