—Je veux me reposer, fit son père. Va, mon enfant.

Hélène recouvrit le visage de son père et se mit à courir vers la cataracte, d'où s'ouvrait une vue sur la mer.

Ses regards glissaient avec une inquiétude mêlée d'un espoir secret sur la plaine immense des eaux, à la recherche de la tache blanche. Mais hélas! partout ils ne rencontraient que le flot uniforme, qui roulait dans le lointain infini. Avec une affliction profonde, elle contemplait l'horizon, en essuyant les larmes qui troublaient sa vue. Mais ce fut en vain. La mer était vide jusqu'au plus loin de la vaste étendue où se perdaient ses regards fatigués.

La fillette réprima ses sanglots et, l'âme accablée par son espoir déçu, revint auprès de son père.

En s'approchant de la grotte, elle entendit la faible voix du vieillard.

—Je comprends, mon enfant, à ta démarche, que tu t'étais trompée.

Pour toute réponse, Hélène soupira profondément.

—Tu vas m'emmener hors d'ici! continua le vieillard.

—Pourquoi donc, père, ne veux-tu pas rester là? Je tâcherai de boucher l'entrée de manière que la lumière ne t'incommode pas!

—Non, non, mon enfant! Je veux que tu m'emmènes dans un endroit solitaire et obscur, loin de la vallée, du lac et de tous ces sites riants, dont tu m'as tant parlé. Je sens que j'ai besoin de respirer un peu l'air des montagnes. Penses-tu que je pourrai gravir la montagne où tu as trouvé le monument de la mère du Français?