—Le chemin qui y mène n'est pas trop rude, répondit Hélène, étonnée par ce désir de son père; mais le site est si triste, entre les cyprès sombres et les rochers nus!

—Bien, ma petite, je vais me reposer d'abord, puis tu me conduiras là-bas.

Le vieillard se coucha et commença à sommeiller. Avec une tristesse indicible, Hélène considérait son père dont la physionomie pâle et fatiguée attestait la souffrance.

Un quart d'heure s'était à peine écoulé, que le vieillard s'éveilla et se leva lentement.

—Il est temps, ma fille, allons! fit-il en s'appuyant sur le bras de sa fille.

Cette insistance de son père surprenait grandement la jeune fille, mais elle se soumit en silence à sa volonté.

Ils sortirent de la caverne et se dirigèrent lentement vers la montagne. Chemin faisant, le vieillard fit porter la conversation sur la patrie lointaine, il parla de la compagne de sa vie et de ses autres proches. Puis il conseilla à sa fille de ne pas perdre l'espoir. Il était convaincu qu'un navire devait aborder dans un prochain avenir.

Lorsqu'ils firent halte un moment pour se reposer, il se mit à parler de l'éternité et de l'immortalité de l'âme humaine. Jamais encore Hélène ne l'avait entendu prononcer des discours semblables, et c'est pourquoi ils lui firent une impression très douloureuse.

Elle avait peine à contenir ses larmes. Un sentiment vague lui disait qu'elle devait s'attendre à une grande douleur.

Ils gravirent la montagne et s'arrêtèrent à l'ombre des cyprès.