—Je vois que vous l’avez oubliée en effet; tant pis! dit-elle en s’efforçant de prendre un ton enjoué, que démentaient ses pauvres yeux subitement voilés de larmes.

Le Fanois, au son de sa voix, se retourna brusquement, et s’avançant vers elle, lui saisit les poignets d’un geste violent et passionné.

—Non, non, je ne l’ai pas oubliée, je ne l’ai pas oubliée! s’écria-t-il, en l’attirant vers lui.

Elle eut un petit cri d’effarement joyeux; puis, au moment où elle allait céder à son étreinte, elle le regarda de nouveau et se jeta en arrière en le repoussant de toute la force de ses bras raidis.

—Mais qu’avez-vous, qu’avez-vous donc? dit-elle d’un ton d’épouvante.

Le Fanois lui tenait toujours les poignets serrés entre ses doigts crispés, et ils restèrent ainsi, un instant, les yeux dans les yeux.

—Jean, qu’avez-vous? Parlez, je vous en supplie! répéta-t-elle, haletante.

Il lâcha brusquement ses mains, et se détourna d’elle avec un geste désespéré.

—J’ai... que j’épouse la mère, dit-il en ricanant.