— Tant pis pour eux! Je t'ai déjà dit que je m'en désintéresse.
— Je veux que tu me le redises.
— L'individu ne compte pas ; les principes seuls existent.
— L'individu est innocent…
— Il n'y a pas d'innocents! La société est solidaire de ses exactions, comme notre révolte l'est de ses actes! Ceux qui se soumettent font cause commune avec ceux qui oppriment, par cela même qu'ils se soumettent : ils sont coupables, et plus que les autres, à mes yeux, parce qu'ils sont les transfuges, traîtres à la cause de l'humanité!
— Qui souffre.
— Qui souffre!
— Et que tu aimes… Dépêche-toi de l'aimer, parce que le temps presse. Tu vas laisser éteindre ta pipe…
— Il me dégoûte, ton tabac.
— Il faut que je te l'avoue, pour que tu me rassures : je ne suis pas poltron, mais j'ai peur des remords. On n'en a pas?