Avec Blasquez, je ne prévoyais qu'une besogne trop facile et sans charme.

— Je l'immobiliserai simplement dans le vestibule du laboratoire, entre deux portes bien fermées : l'imbécile se laissera mener comme un agneau ; je n'ai rien à lui dire, et véritablement je ne le hais même pas : à peine l'ai-je détesté une minute, pendant qu'il se vantait d'avoir fabriqué la bombe, et si j'en avais le droit… Je n'ai pas de droits, je n'ai que des devoirs! Les tueurs appartiennent aux victimes, et leurs destins au talion.

J'attendis Blasquez, en fumant des cigarettes : il ne rentra que vers une heure du matin. Il rayonnait, et, en me voyant, il s'écria :

— Ça marche! Bonne soirée! On en a décidé des choses! Tout est réglé, pour la bombe de l'Escurial. Mais j'ai une soif! On a tant parlé, tant fumé… Où est Émile?

— Au laboratoire.

— A cette heure?

— Il t'attend, il veut te parler : nous avons eu une dispute.

— Encore!

— Oui.

— J'arrangerai ça. Allons-y.