Il a vraiment trop de candeur, ce nigaud, et c'est comme à plaisir qu'il vous supprime le plaisir.

Je détiens toujours le trousseau des caves, où nous pénétrons. Je fais marcher Blasquez devant moi, sous prétexte de l'éclairer mieux. En route, j'ouvre sournoisement ma lanterne et je la souffle ; en même temps que je la cogne au mur.

— Caraco! J'ai fait un faux pas. Donne tes allumettes, je n'en ai plus.

Il me tend sa boîte, que je m'abstiens de lui rendre ; il ne songe même pas à me la réclamer ; le tour est joué.

On repart. Nous arrivons à la porte du vestibule : j'ouvre. Il entre, et, tandis qu'il descend les huit marches, je dis :

— Émile t'expliquera.

Je referme la porte derrière lui. C'est fait.

Je l'entends qui rit : il ne demande qu'à rire. Il m'appelle. Je le devine qui traverse l'antichambre : il appelle Émile. Il frappe à la porte du laboratoire.

— Frappe, mon bonhomme : la mort est derrière.

Il parle : l'idée me vient d'écouter ce qu'ils se disent. Je cache ma lanterne dans le retrait du mur et je la tourne, de crainte qu'un filet de lumière ne décèle ma présence. J'applique mon oreille contre l'épais vantail de chêne. Je ne perçois qu'une seule des deux voix, celle de Blasquez ; l'autre m'arrive comme un bourdonnement, à cause des deux portes qu'elle doit traverser.