— Dites simplement qu'il faudrait regarder! Entrez, comme moi, par la cheminée ou par la porte, dans une école vétérinaire, et vous y verrez le trépan, la trachéotomie, la pose des sétons, vingt autres opérations qui pourraient et devraient être étudiées sur l'animal mort, mais qu'on étudie sur le vivant.

— Je répète qu'on vous oppose un démenti formel, et que vous ne sauriez nous convaincre si vous ne précisez, car on vous met au défi de le pouvoir faire.

— Au défi?

Le vieillard sursauta, et, fouillant ses poches, il en tira des paperasses qu'il se mit à feuilleter fébrilement. Il répétait :

— Au défi?… Au défi?…

— L'histoire de ce cheval serait pure fantaisie d'imagination.

— Lisez, Monsieur, lisez ce procès-verbal : « Une jument alezane… Les reins ouverts, la peau déchirée, labourée au fer rouge, traversée par des douzaines de sétons, les tendons arrachés, les yeux crevés… Au milieu des rires… Debout sur ses pieds saignants pour montrer aux spectateurs présents, occupés à lacérer sept autres chevaux, tout ce que la dextérité des hommes peut produire sans amener la mort. »

— Le chien écorché, fantaisie d'imagination?

— Fantaisie, oui, certes, et d'imagination, oui, certes, car il fallait l'une et l'autre pour inventer de faire cette expérience du professeur X… et du docteur Y…, qui la font et qui la rapportent. Quant à celle du docteur Z…, elle consiste à trépaner d'abord le crâne des chiens pour leur enfoncer ensuite des fers rouges dans le cerveau. Mais tel chien hurlait sans répit, ce qui ne prouvera point qu'il fût insensibilisé, et l'opérateur se désole : « Nous essayâmes de le faire tenir tranquille en le battant, mais il cria encore plus fort ; il ne comprenait pas la leçon : il était incorrigible. » Remarquez, Monsieur, que je n'invente pas : je cite, je lis!

— Les bêtes bouillies?