—La procuration de ma maison, deux billets de banque de mille francs, des effets au porteur... On me l’aura volé.

—Ne l’as-tu pas oublié quelque part?

—Je crois l’avoir ouvert dans le fiacre que j’ai pris ce matin.

—Sais-tu le numéro?

—C’est 197, 297 ou 397, autant que je puis me le rappeler.

—Où l’as-tu laissé?

—A la place des Victoires.

—Allons-y.»

Les deux amis courent à la station, et y cherchent inutilement le fiacre; ils vont à la place de l’Hôtel-de-Ville, interrogent le gardien et les Cochers, donnent le signalement de celui qu’ils soupçonnent d’infidélité, mais sans pouvoir le rencontrer. L’anxiété du commis-voyageur redoublait à chaque instant: «Ce coquin de cocher se sera sauvé avec mon portefeuille, s’écriait-il, je suis ruiné, déshonoré, mon patron ne croira jamais au malheur qui m’est arrivé; il s’imaginera que j’ai détourné à mon profit les valeurs qui m’étaient confiées! Ma femme dira que j’ai dépensé mon argent en débauches. Je passerai pour un mandataire infidèle, pour un joueur, pour un libertin!

—Calme-toi, lui dit son ami; allons à la Préfecture de police, et faisons-y notre déclaration.»