Nos compagnons sont bons là.

Fonçons sur eux le compas à la main,

Repoussons-les, car ils sont des mâtins.

REFRAIN.

Pas de charge, en avant!

Repoussons tous ces brigands,

Ces gueux de Dévorants

Qui n’ont pas de bon sang.

On peut juger, par ces brutales expressions, par ces vers horribles que nous empruntons à un livre publié sur le compagnonnage précisément par un ouvrier de bâtiment, un menuisier, de la fureur aveugle avec laquelle, dans trop d’occasions, ces associations ont défendu ce qu’elles appelaient les priviléges et la suprématie de leurs sociétés. Heureusement les mœurs tendent à s’adoucir; les préjugés s’effacent trop lentement, il est vrai, mais les chants des ouvriers sont inspirés aujourd’hui par une muse plus calme, plus bienveillante.

Les Maçons (et nous entendons par là les ouvriers plâtriers et ceux qui font les murs en moellons) s’engagent rarement dans les liens du compagnonnage; mais les menuisiers, les charpentiers, les serruriers, et particulièrement les tailleurs de pierres, qui sont considérés comme les compagnons le plus anciennement réunis, et dont l’affiliation, selon les mythes poétiques du compagnonnage, remonte à la fondation du temple de Salomon, appartiennent tous à des sociétés de compagnonnage. L’origine et la prééminence de ces réunions enfantent les interminables rivalités dont nous venons de parler.