Les hommes de la vieille génération se rappellent avec horreur les fréquentes alarmes causées par l’insuffisance des subsistances. Ils nous répètent les cris que poussaient les Parisiennes, le 6 octobre 1789, en escortant à Paris la famille royale: «Courage, mes amis! nous ne manquerons plus de pain; nous vous amenons le Boulanger, la Boulangère et le petit Mitron.» Ils nous racontent le meurtre commis, le même mois, sur la personne d’un malheureux Boulanger de la rue du marché Palu; ils nous peignent la foule affamée faisant queue à la porte des Boulangers, et réduite à la portion congrue. Les progrès de l’administration des subsistances ont rendu impossibles la disette et les désastreux excès qu’elle entraîne. Outre que chaque Boulanger doit avoir en magasin un approvisionnement déterminé en raison du nombre de sacs de farine qu’il cuit journellement, il est astreint à un dépôt de garantie, qui est, à Paris, fixé de la manière suivante[33]:

NOMBRE DE SACS.
Pour le Boulanger qui cuit chaque jour quatre sacs de farine et au-dessus84
Pour celui qui cuit trois sacs et au-dessus66
Pour celui qui cuit deux sacs et au-dessus48
Pour celui qui cuit au-dessous de deux sacs18

Chaque sac doit contenir cent cinquante-neuf kilogrammes de farine de première qualité.

[33] Ordonnance du 17 juillet 1831.

Après avoir pris ces utiles précautions, il ne reste plus qu’à mettre tout le monde à même de se procurer du pain en quantité suffisante.

La Femme de Ménage.

XVIII.
LA FEMME DE MÉNAGE.