Loin de sourire à Mlle Lucienne, cette perspective lui fit froncer le sourcil.

—Ah! votre père est millionnaire! interrompit-elle. Eh bien! je m'explique comment, à vingt-cinq ans, après avoir refusé toutes les positions qui vous ont été offertes, vous n'avez pas de position. Vous comptiez sur votre père et non sur vous. Jugeant qu'il travaillait assez pour deux, vous vous êtes bravement croisé les bras, attendant que vous échoie la fortune qu'il amasse, que vous considérez comme vôtre, et dont il ne vous paraît que l'administrateur....

Cette morale devait sembler un peu roide à Maxence.

—Je pense, commença-t-il, que du moment où l'on est le fils d'une famille riche....

—On a le droit d'être inutile, n'est-ce pas? acheva la jeune fille.

—Certainement non, mais....

—Il n'y a pas de mais qui tienne. Et la preuve que votre calcul a été mauvais, c'est qu'il vous a conduit là où vous êtes, et qu'il vous a enlevé votre libre arbitre et le droit de faire votre volonté. Se mettre à la discrétion d'un autre, cet autre fût-il un père, est toujours niais, et on est à la discrétion de celui dont on attend de l'argent qu'on n'a pas gagné. Croyez bien que votre père n'eût pas été si dur s'il eût été bien convaincu que vous ne sauriez pas vous passer de lui....

Il voulait discuter, elle l'arrêta.

—Vous faut-il la preuve que vous êtes à la merci de M. Favoral? reprit-elle. Soit! Vous avez parlé de m'épouser....

—Ah! si vous vouliez!...