—Eh bien, allez donc en parler à votre père!...

—Je suppose....

—Vous ne supposez pas, vous êtes parfaitement sûr qu'il vous refuserait tout net et sans réplique son consentement....

—Je saurais m'en passer....

—Vous lui feriez des sommations respectueuses, voulez-vous dire, et vous passeriez outre. Je l'admets. Mais lui, savez-vous ce qu'il ferait? il s'arrangerait de telle sorte que jamais vous n'auriez un centime de sa fortune....

Maxence n'avait jamais songé à cela.

—Donc, reprit gaiement la jeune fille, bien qu'il ne soit encore aucunement question de mariage, sachez vous assurer l'indépendance, c'est-à-dire de quoi vivre, et pour ce..., travaillons!...

C'est de ce moment que Mme Favoral put remarquer en son fils ce changement qui l'avait si fort étonnée.

Sous l'inspiration, sous l'impulsion de Mlle Lucienne, Maxence avait été soudainement pris d'une ardeur de travail et d'un désir de gagner dont jamais on ne l'eût cru capable.

Il n'arrivait plus trop tard à son bureau maintenant et n'avait plus à la fin de chaque mois des dix et quinze francs d'amende à payer.