Les propriétaires de l'Hôtel des Folies y croyaient moins que personne.

Mais comme le jour où la Fortin s'était avisée de dire son avis à ce sujet, Maxence furieux l'avait menacée de donner congé, elle n'en soufflait plus mot devant lui, et se contentait de rire aux larmes avec ses autres locataires, de ce qui leur paraissait la plus inutile et la plus ridicule des hypocrisies.

Ils n'étaient pas seuls de leur avis.

Mlle Lucienne ayant continué de se montrer au bois les jours où l'après-midi était belle, le nombre n'avait fait que croître des imbéciles qui l'obsédaient, qui la suivaient ou qui la faisaient suivre.

Parmi les plus obstinés se distinguait M. Costeclar, lequel se plaisait à déclarer, sur sa parole d'honneur, avoir perdu le sommeil et le goût des affaires depuis le jour où, en compagnie de M. Saint-Pavin, il avait aperçu Mlle Lucienne.

Les démarches de son valet de chambre et les lettres qu'il avait écrites étant demeurées stériles, M. Costeclar avait fini par prendre le parti d'agir de sa personne, et galamment il était venu se poster de faction devant l'Hôtel des Folies.

Sa stupeur fut grande lorsqu'il en vit sortir Mlle Lucienne donnant le bras à Maxence, et son dépit fut plus grand encore.

—Cette fille est stupide, pensa-t-il, de me préférer un garçon qui n'a pas dix louis par mois à dépenser. Mais rira bien qui rira le dernier....

Et comme il était homme d'expédients, il s'en alla, dès le lendemain, flâner aux environs du Comptoir du crédit mutuel, et ayant rencontré, par hasard, M. Favoral, il lui raconta que son fils, Maxence, se ruinait pour une demoiselle dont les toilettes faisaient scandale, lui insinuant délicatement qu'il était de son devoir, à lui, père de famille, de mettre ordre à cela.

C'était l'époque, précisément, où Maxence songeait à se faire admettre dans les bureaux du Comptoir de crédit mutuel.