2o De Khenchela à l’Ouâd-el-Abiod par le col de Tizougarine et la plaine de Medîna :
Un corps de troupe parti de Khenchela peut, en contournant le massif de l’Aourâs proprement dit, soit par le Foum-el-Kaîs, soit par la grande trouée des Menacer, atteindre le col de Tizougarine entre le Chellia et le Djebel-Seran, et de là descendre dans la plaine de Medîna. Ensuite, il franchirait le Tizi-Tellaten comme le précédent, et serait dans les mêmes conditions, qui, je le répète, pourraient devenir très-défavorables. Je ne crains pas non plus de répéter, et j’insiste avec force sur ce point, que les cartes ordinaires de l’Ouâd-el-Abiod sont inexactes et peuvent faire commettre de graves fautes.
3o De Batna ou de Rebâ’a au bordj de l’Ouâd-Taga, et de ce bordj à la passe de Bali qui domine les principaux villages des Aoulâd-Daoud, voilà certainement la route qui semble de beaucoup la préférable :
Le concours des Aoulâd-’Abdi, extrêmement précieux dans cette affaire, permet à une troupe d’atteindre très-rapidement l’Ouâd-Taga supérieur, en partant de Batna ou du moulin de Rebâ’a. Du bordj de l’Ouâd-Taga à Bali, le chemin n’est difficile que sur deux points pour des animaux non ferrés, mais il est dépourvu de végétation, et, en somme, suffisamment praticable. De Bali au col qui domine la vallée des Aoulâd-Daoud, la distance est courte. L’avantage de la troupe qui tient cette position est incalculable, surtout si elle peut s’y établir avec du canon. Il lui est facile de réduire en poussière les principaux villages des Aoulâd-Daoud qui sont sous ses pieds, et de descendre ensuite, soit vers Tranimine, soit vers El-Hammâm, en se maintenant toujours au-dessus des positions ennemies et dans un air parfaitement pur.
Il existe aussi un chemin, dit chemin de Tizi-Rioul, qui conduit du bordj de l’Ouâd-Taga au-dessus d’El-Adjaj, avec embranchement sur la plaine de Medîna. Cette direction d’attaque se confond presque avec la précédente, mais elle est moins avantageuse, car, des hauteurs qui dominent El-Adjaj, on n’est pas maître des principaux villages comme de la passe de Bali.
CONCLUSION
J’ai laissé subsister, sans y rien changer, les dernières pages de ce rapport, à titre de document géographique. La vallée des Aoulâd-Daoud a été envahie par le Sud (Tranimine), par l’Est (Tizougarine) et par le Nord (Medîna), et ces trois mouvements combinés ont étouffé l’insurrection dès sa naissance. C’est dans la région du Nord que nos troupes ont rencontré la résistance la plus sérieuse ; mais, grâce au coup de vigueur de M. le lieutenant-colonel Lenoble, près du moulin de Rebâ’a, les insurgés, démoralisés, ont abandonné la position de Foum-Ksantina, et défendu faiblement leurs Thermopyles de Tob. Ensuite, nos tirailleurs n’eurent qu’à paraître à El-Hammâm. Les quelques obstinés qui voulaient résister encore désespérèrent et demandèrent le pardon.
Je n’en demeure pas moins convaincu de cette idée que si la tribu entière avait résolu, en se retranchant dans ses hauts villages coniques, de tenir jusqu’au bout contre nos troupes, ces dernières se seraient heurtées à de grandes difficultés, à partir d’El-Hammâm. Il aurait alors fallu changer la direction d’attaque, et reprendre la vallée de l’Ouâd-el-Abiod, à revers, par la passe de Bali.