— Eh bien, demain matin je demanderai au sergent Cang s’il consent à te donner sa fille. Nous verrons bien ce qu’il dira… Et puis, tu viendras chez moi chaque fois que tu le désireras… Maintenant lève-toi et retourne au camp : l’appel va sonner.

VI

— Cái áo vàng : veston kaki, disent les caporaux.

— Cái áo vàng : veston kaki, répètent, tout d’une voix, les escouades rangées en cercle autour de leurs chefs.

Les sergents vont et viennent entre les groupes qui s’échelonnent le long du mur blanc de la grande case où des dessinateurs ingénieux ont peint au coaltar des silhouettes agenouillées et couchées.

La « classe supérieure », les intellectuels, assemblés devant un tableau noir reçoivent d’un sous-officier les premières notions d’écriture française et de quôc-ngù[7]. Aux classes moyennes on enseigne de courtes phrases très usuelles et d’où les professeurs annamites éliminent tout ornement superflu :

[7] Prononciation figurée de la langue annamite.

— Toi y en a faire quoi dans village toi ?

— Moi y en a faire rizière[8].

[8] « Je cultive des rizières ».