— Je suis lasse.

Et le bon amoureux l’a installée confortablement sous une sorte de tonnelle de ricins.

Pour la distraire, il fait des ricochets superbes avec des débris de tuiles. Il a ôté son veston de toile, et son torse noirci, ses biceps saillants se tendent glorieusement au grand soleil qui dore la plage. Maÿ le considère et se sent alanguie et nerveuse.

— Viens t’asseoir près de moi, Hiên.

Docile, Hiên vient s’accroupir aux pieds de la fillette.

— Vois comme j’ai chaud, Hiên !

Elle a posé ses deux mains brûlantes sur les épaules bosselées de muscles durs qui tressaillent.

— Moi aussi, j’ai chaud, bégaie le géant accroupi et frissonnant.

Mais que fait donc Maÿ ?… Elle dégrafe sa longue tunique de crépon noir ; les boutons d’argent roulent sous ses doigts hâtifs et cèdent, un par un ; la voici demi-nue, offrant sa poitrine à la brise fraîche. Elle s’étire et cambre son buste de statuette où perlent des gouttes légères de sueur. Renversée sur le gazon, les mains croisées sous la nuque, elle rit comme roucoulent les tourterelles et parle d’une voix essoufflée :

— Mets-toi près de moi, Hiên.