— Il ne me croira point…
— Il te croira !
— Où lui adresserai-je ma lettre ?…
— Après l’exercice, pendant la sieste, nous interrogerons les sampaniers… Nous monterons sur les jonques qui sont dans la baie des Cocotiers, et nous demanderons aux pêcheurs d’Annam s’ils n’ont pas vu notre maître… Il faut que l’Aïeul sache !…
Des coups de feu lointains s’espacèrent… Hiên se leva, blême et titubant, et suivit la patrouille qui se glissait dans la brousse.
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Nho donna un dernier coup d’aviron : le canot vira dans l’eau dorée, vint se coller contre la coque couturée d’une jonque. Des sampaniers accoururent, se penchèrent sur le bordage, saisirent le vieux Cang par les aisselles, le hissèrent sur le pont où séchaient des queues de raies et des peaux de requins.
Autour du terrien, que le tangage inquiétait, les hommes de la mer, leurs femmes hâlées et rieuses, leurs enfants nus et basanés firent cercle, se poussant du coude, grimpant sur les rouleaux de cordages et jusque dans les agrès. Tous à la fois, ils questionnaient le sergent ; des jonques voisines, rangées bord contre bord, d’autres curieux accouraient, avides de connaître le motif de cette visite inattendue :
— Que veux-tu de nous, oncle sergent ?
— Pourquoi es-tu venu sur notre barque ?