Isidore secoua tristement sa pipe éteinte et la mit en sa poche. Ah ! si par quelque miracle de Dieu Séraphine eût pu revenir tout à coup, comme la réconciliation eût été agréable et facile !
— Coucou !
Isidore se dressa ! De son pas léger, Séraphine entrait… Une Séraphine telle qu’Isidore n’en voyait plus jamais qu’en rêve, une Séraphine aux yeux tendres, à la bouche rieuse, aux gestes gracieux et mutins ; un ange !
Elle vint à Isidore et lui tendit son front pur ; puis, le menaçant du doigt :
— Vilain méchant ! tu as de grands torts et je ne devrais pas te pardonner !… Pour cette fois, cependant, n’en parlons plus !
— C’est cela ! n’en parlons plus ! balbutia Isidore, éperdu.
Elle le fit asseoir, prit place tout contre lui ; puis elle picora une grappe de raisin, si gentiment !
— Tu n’es donc pas allée aux Iles ?
Non, elle n’était pas allée aux Iles… Une plaisanterie, ce voyage aux Iles ! Il aurait bien dû s’en douter, voyons ! Elle avait tout bonnement passé la journée chez une amie : on avait papoté, bavardé, fait la dînette, chanté… Mais on s’était bien ennuyé malgré tout, loin de son gros chéri !
— Mon pauvre loup ! murmura Isidore.