— C’est moi, dit Mme Pioutre, c’est moi qui sortirai avec la chienne aujourd’hui ; c’est un plaisir que tu ne me laisses pas souvent, vilain égoïste !
Elle ajouta, parlant à Isidore :
— Mon mari a dû vous dire qu’il détestait les chiens… n’est-ce pas ? je parie qu’il vous l’a dit… C’est un gros mensonge, il les adore, au contraire !
M. Pioutre eut l’air confus.
— Il les adore… mais il éprouve le besoin de se faire plaindre et surtout le besoin de gronder… Vieille manie d’universitaire… Depuis qu’il n’a plus d’élèves, ce sont ses chiens qu’il gronde… oh ! gentiment !… Nous avons trois chiens, monsieur, et nous les aimons beaucoup. Peut-être trouverez-vous cela un peu ridicule ?
— Moi, répondit résolument Isidore, moi, madame, j’ai deux griffons à poil dur et je veux me faire inscrire à la Société protectrice des animaux.
Entendant cela, Mme Pioutre marcha vers Isidore.
— Monsieur, dit-elle, permettez-moi, sans autre préambule, de vous féliciter.
Et d’une main loyale, elle secoua la main d’Isidore, deux fois.
Alors la bonne voix de M. Pioutre s’éleva :