L’épicière était accourue et se haussait à la fenêtre. La Loïse, le nez dans ses rideaux, trépignait d’aise et, derrière elle, sa main voltigeait comme un oiseau joyeux.

— Hé bé !

Philémon considérait cette belle femme si drôlement vêtue et qui, des deux mains, lui envoyait un baiser en pleine figure. De sa vie, on ne lui avait envoyé de baisers ; ni femmes, ni filles, ni personne. Le geste de cette dame le surprenait sans l’émouvoir… mais vraiment elle avait un bien petit cotillon !…

Il retourna la carte et il lut les quatre lignes. Il les lut et n’y comprit rien. Il était de pensée un peu lente. Il s’arrêta au dernier mot : Henriette !… Quelle diablesse d’Henriette ! Il prit son chapeau, le fit tourner, le replaça de travers… son regard un instant flotta.

Et puis ses yeux s’abaissèrent de nouveau.

« Mon Philémon chéri… » Phi… lé… mon ! C’était lui !… Ses yeux s’arrondirent.

« Je t’aime ! » Il ouvrit la bouche.

« Quand seras-tu près de moi ? Je t’embrasse. » Ses bras tombèrent.

— Fi de nom !

Il jeta vers la maison un regard chargé d’angoisse, mit la lettre au fond de sa poche et puis, plan ! plan… au trot vers la grange !