Pauvre !

— Philémon, disait Loïse de sa voix douce, la tisane va refroidir.

Philémon n’entend pas.

— Allons, viens donc, mon pauvre homme !… Tu es bien pressé, ce matin ! Le feu n’est pas à la fontaine ?

Le feu n’est pas à la fontaine, mais il doit être au derrière du bonhomme. La grange est tout près ; il va s’y réfugier… Un bruit sec l’arrête court : Loïse a ouvert la fenêtre avec fracas et c’est l’orage proche.

— Philémon ! Qu’est-ce que je t’ai dit ? C’est-il que tu deviens fou ?

Philémon revient. Il enfonce sa lettre dans son gousset et met son mouchoir par-dessus.

Dans la cuisine, Loïse remplissait un bol. Il ne faut pas des heures pour avaler un bol de tisane ; le bonhomme pensait s’en débarrasser vivement. Mais la première gorgée le brûla jusqu’à l’estomac et il fit une atroce grimace en sautant d’un pied sur l’autre.

— Assieds-toi, dit Loïse.

Il se laissa choir sur le banc de table.