La Rougeline, ayant regardé par la fenêtre, chuchota :

— Il trotte ! il trotte ! Tu peux reprendre haleine, poison !

Elles se regardèrent et puis toutes deux, face à face, les mains aux hanches, lâchèrent leur rire. Et ce rire les secoua, les étrangla, leur brouilla la vue, leur démolit le ventre pour les jeter enfin sur le banc de table brisées, moulues, hoquetantes.

Loïse, les deux mains sur son ventre mou, déclara, quand elle put parler :

— Ma bonne, je crois qu’il faut prendre une tasse de café, là-dessus.

Et Rougeline :

— Avec une petite goutte… J’ai le sang tourné !

Loïse alla chercher le café, le sucre, les biscuits, et tout.

A midi, Philémon tourna un bon petit moment dans le courtil avant d’entrer chez lui. Par la porte grande ouverte il voyait cependant la table proprement mise et la soupière fumante. Il toussa, toussa… A la fin, Loïse parut au seuil :

— Faudra-t-il que je porte ta pitance dans la plaine ? demanda-t-elle sèchement.