Il entra, prit place à table et, ayant levé les yeux, il vit, bien devant lui, piquée au cadre de la glace, la galante image qui lui souriait et lui envoyait son baiser.
Il dit :
— Tu m’as fait affront, Loïse… tu m’as fait affront devant le monde pour un défaut que je n’ai jamais eu.
— Mange ta soupe ! répondit-elle.
Il baissa l’oreille et il émit une petite toux attendrissante.
Loïse resta hérissée. Alors il mangea vite, sans dire un mot, content, en somme, de s’en tirer sans plus de dommage. Seulement, au moment où il se levait pour sortir, Loïse lui demanda de son air le plus naturel :
— Quand tu la reverras, Henriette, tu lui demanderas, de ma part, le nom de sa tailleuse… voici le beau temps qui vient et je veux me mettre à la mode nouvelle…
— Je pense que tu es folle ! dit-il ; et il s’en alla en levant les épaules.
Le soir de ce même jour :
— Philémon, dit Loïse, tu sais peut-être le nom de ce costume qu’elle porte, Henriette ?… Ce n’est pas un tablier… ce n’est pas une chemise pourtant !… C’est peut-être un cotillon ?… C’est-il un cotillon, dis, Philémon ?