— Tu m’ennuies ! Je vais me coucher.
— Moi aussi, Philémon, je vais me coucher.
Elle alla se coucher en effet, mais toute seule, dans un lit de la chambre réservée.
Le lendemain, le bonhomme vit Loïse trois fois, à l’heure des repas. Le matin, elle lui dit :
— Ce cotillon qu’elle porte, Henriette, je ne sais pas s’il est doublé ?
A midi, montrant la carte :
— Pour un costume comme celui-ci, il me faudra un demi-mètre d’étoffe, j’en ai parlé à Rougeline… Je suis plus forte qu’Henriette, mais avec un demi-mètre en grande largeur…
Enfin, le soir, elle déplia devant lui un mouchoir de cou violet comme en portaient celles d’autrefois.
— J’aime mieux vingt francs dans ma poche que dans celle du marchand… J’ai ce fichu qui ne servira jamais à rien… en le coupant, il fera l’affaire, je pense bien… Et c’est de l’étoffe comme on n’en voit plus… touche un peu, c’est à pleine main !
Elle le força à toucher l’étoffe et puis elle en eut pour un bon quart d’heure à examiner comment elle arrangerait la chose. Elle se plaquait le fichu sur les reins, se ceinturait, s’enveloppait le buste ou seulement les jambes… Une femme à tuer !