Dès qu’ils furent entrés, Carassou se prit à crier :

— Hé là ! Hé ! mère Augustine !… envoyez-nous Henriette !

Philémon dressa l’oreille comme un bidet de cavalerie. Il n’eut pas le temps de s’étonner : une grande fille accourait en sautillant, une grande créature au visage enfariné, coiffée à la mode s’il vous plaît, et qui n’était pas beaucoup plus vêtue que la demoiselle de l’image.

— Henriette, disait ce maudit gars de Carassou, apporte des verres et la bouteille aux trois étoiles… Celui-ci qui est avec moi, c’est mon ami Philémon, de Niseré.

La grande folle renversa la tête et fit la belle gorge ; une main sur l’épaule de Carassou, elle roucoula de façon comique :

— Philémon ! Philémon chéri !

— Qui que c’est ! clama le bonhomme ; c’est-y toué, Henriette ?

Les deux autres éclatèrent de rire. Alors il sortit sa carte et expliqua les choses ; sa surprise, à lui, en recevant ce portrait et puis les giries de sa femme, ses moqueries et le dégoût qu’elle faisait mine d’éprouver à son endroit.

La fille emplissait les verres et sa gaieté fusait. A grands coups de paumes, Carassou tapait sur la table, tapait sur ses cuisses.

— Ce n’est pas vrai, Philémon ?… non ! ce n’est pas possible !… Vous couchez seul, Philémon ?