Loïse ne répondit rien ; simplement elle l’écarta et le fit choir sur le banc.

— J’ai vendu la vache ! annonça-t-il d’un ton qui n’admettait pas de réplique.

Elle sourit dédaigneusement.

— Pauvre innocent ! Fallait vendre ma maison pendant que tu étais au marché… Donne-moi ton porte-monnaie ! ordonna-t-elle sèchement.

Son porte-monnaie ! Il alla le chercher dans une poche, puis dans une autre, le trouva enfin sous sa blouse, on ne sait où, dans un repli de sa chemise, peut-être.

Loïse l’ouvrit, compta, fronça les sourcils, recompta et d’une voix menaçante :

— Il manque trente francs ! Il t’a volé, Carassou !

— Carassou ? Il ne m’a pas volé ! J’ai payé mon écot, voilà tout !

Loïse lui jeta un regard terrible. Pendant un quart d’heure, elle lui mena une belle danse !

Il l’écoutait d’un air amusé, les deux coudes d’aplomb sur la table et la tête un peu penchée. Elle l’eût battu !