Il attache la corde à sa manière ; nous faisons sortir la bête et nous la conduisons sur un petit lit de paille.

Brutalement, — car je commence à m’impatienter, — je tire sur la corde et le cochon s’abat. Le vieux lui met son genou sur la tête. Enfin ! nous le tenons. Le plus difficile est fait. Le buraliste, qui ne peut plus nous aider beaucoup, obtient la permission de s’en aller.

La mère Hoursault arrive avec une terrine. Le cochon pousse des cris aigus qui réveilleront tous les gamins du village ; mes élèves vont accourir et ils verront leur maître en bel état et bien propre !

Allons ! vite ! vite !

Posément, lentement, le vieux rase la gorge, puis il me montre son couteau et, comme le cochon hurle, il crie pour se faire entendre :

— Comme un rasoir !

Je réponds : « Oui ! oui ! » à tue-tête, et je tire de toutes mes forces sur la corde qui lie les pattes, comme si cela devait avancer les choses.

Le petit couteau pique enfin et le sang jaillit. La terrine n’est pas là !

Hoursault retire son couteau, bouche le trou avec son pouce et tourne vers moi la plus féroce tête de barbare qui se puisse rêver. Il crie d’abominables injures, brandit son couteau, grince des dents ; ses yeux lancent des flammes.

Ce n’est pas à moi qu’il en a, c’est à sa femme ; il me prend seulement à témoin.