— Sale bête ! je m’en vais te faire voir !…

Il plonge son couteau, le retourne dans l’affreuse blessure et soudain : couic !

Le cochon, brusquement, s’est tu ; il n’est pas mort, cependant…

La vieille recule et, furieuse, agitant les bras :

— Maudit chien gâté ! T’y as coupé le chalumeau !

Hoursault, un instant penaud, se relève, le couteau en main, tout éclaboussé de sang. Va-t-il battre sa vieille ? Va-t-il la tuer ?

Mon Dieu ! je n’y verrais pas d’inconvénient.

Je suis sale, je suis blessé partout, je suis hors d’haleine, et mes yeux distinguent si mal les choses autour de moi que je ne peux même pas retrouver la monture de mon lorgnon. Je vais m’asseoir : il arrivera ce qui arrivera.

Le fils Hoursault, qui s’en allait labourer, vient voir ce que nous faisons. Il jure laidement comme son père ; il ronchonne, donne à chacun son paquet. Qu’avons-nous fait depuis deux heures que nous sommes ici ?

Il couvre le cochon d’une brassée de paille à laquelle il met le feu ; on ne pourra pas prétendre qu’il ne nous a pas aidés.