19 septembre. — Enfin ! Je vais donc tirer ce malheureux de l’enfer ! J’ai rencontré, hier, à la ville, un jeune médecin nouvellement attaché à l’hospice. Un homme délicieux !
Il m’a écouté ! il m’a compris ! Il s’est discrètement égayé lorsque j’ai représenté le père Buc en piqueur et en marin.
Je ne lui reprocherais que l’apparence d’un certain dilettantisme moral : il m’a semblé qu’il souriait aussi de mon étonnement et de mon indignation.
Il s’occupera de l’affaire : c’est le point essentiel. Il va, pendant quinze jours, remplacer le médecin-chef qui prend un congé. Il m’a dit :
— Je serai à l’hospice tous les matins, de neuf à onze heures. Venez à onze heures par exemple… et ne craignez pas d’être importun. Il sera peut-être bon, cependant, que vous m’accordiez quatre ou cinq jours pour examiner ce cas tout à loisir.
Quatre ou cinq minutes suffiraient largement à mon avis ! Mais enfin, je veux bien laisser à ce médecin si scrupuleux le temps qu’il lui faudra pour arriver à une certitude absolue. J’irai à l’hospice dimanche matin.
Monsieur Buc, vous me devrez une fière chandelle !
25 septembre. — Le jeune médecin me reçut tout de suite.