— Votre mère eut raison, ma mie ! Néanmoins, il ne faut pas se désoler ainsi. Il y a toujours moyen de s’arranger.
— Non ! répondit tristement Claude, il n’y a plus moyen ! car au cours d’une terrible crise de nerfs, je viens de brûler tous mes livres adorés… Comment découvrirais-je le secret, maintenant que sont fermés pour moi les palais de la science ?
— Mais il n’y a pas que la science ! dit le bonhomme qui peignait sa barbe avec ses doigts ; il n’y a pas que la science, voyons ! il y a la magie !
Il continua, en la regardant fixement :
— D’après ce que vous me dites, je suppose que vous êtes la jeune Claude en personne, cette jeune Claude qui s’est jetée dans l’étude à corps perdu et dont la réputation de courage est venue jusqu’à moi ?
Claude, qui était encore assise sur la mousse, se leva, méfiante :
— Mais, monsieur, dit-elle, je n’ai pas l’honneur de vous connaître !
Le vieillard sourit avec bonté.
— Je suis l’Ermite du bois… Quand il me plaît, j’enseigne la magie. Et, si vous vouliez me confier vos secrets et vos peines, je me ferais un plaisir de vous tirer d’affaire.
— Je ne vous dis pas non, monsieur l’Ermite ; mais ma mère m’a défendu de me pencher aux portières, lorsque je voyage, et de lier conversation avec le premier venu.