Ayant ainsi mis les choses au point, l’Ermite reprit paisiblement :
— Cette épreuve des cormes n’est qu’un barrage grossier mais indispensable et qui permet de faire un premier tri. On ne peut, en effet, mettre la magie au service de jeunes personnes frivoles qui n’ont pas véritablement la vocation. Puisque vous avez mangé les cormes, c’est donc que votre cas est sérieux. Eh bien, ma chère enfant, je vous le dis sans fard : il y a d’autres épreuves, des épreuves plus sévères. Les subirez-vous ?
— Je les subirai ! dit Claude avec une terrible énergie.
— Bon ! dit l’Ermite. Il s’agit d’épreuves morales. Elles sont au nombre de trois. Il peut arriver, toutefois, qu’une seule suffise, lorsqu’on n’essaye pas de tricher. La première, qui est la plus bénigne, consiste tout simplement en ceci : ne pas suivre la mode.
— Qu’entendez-vous par là, monsieur l’Ermite ?
— Il me semble que c’est bien clair, mon enfant : habillez-vous seulement comme s’habillait madame votre mère, lorsqu’elle avait votre âge…
— J’en serai quitte pour rester à la maison, murmura Claude qui se croyait maligne.
— Qu’entends-je ? s’écria l’Ermite. Il vous faudra, au contraire, aller dans le monde, fréquenter assidûment vos amies et ne pas craindre de vous laisser admirer par les garçons. Si vous trichez, toute votre peine sera perdue… Au revoir, mon enfant ! Bon courage !
Il la quitta sur ces mots, pour aller au fond de la grotte faire des préparatifs magiques.
Claude revint chez sa mère et elle dit à celle-ci :