Claude y alla donc toute seule.

Ce fut une affaire ! On en parlera pendent plus de cent cinquante ans.

Claude, lors de sa première sortie, produisit son petit effet. On la regarda avec surprise, sans trop savoir s’il fallait rire ou pleurer car, malgré son étrange accoutrement, elle n’était pas encore trop laide.

La seconde fois, on se décida à rire aux éclats. Et, par la suite, ce fut un débordement de gaieté narquoise, d’ironie d’un goût amer ou de pitié dédaigneuse qui valait les plus sanglantes injures.

Les petits enfants montraient Claude du doigt et couraient derrière elle avec des cris joyeux. Les filles de son âge pouffaient dans les coins. Quant aux vieux plaisantins, ils lui faisaient des compliments sucrés, comme à une contemporaine : elle eût payé bien cher le plaisir de leur cracher à la figure !

Car, notons-le bien, Claude n’avait pas seulement la beauté de son sexe, elle en possédait aussi les vertus principales, à un très haut degré.

Par bonheur, la volonté si forte qui animait son corps frêle lui permettait de résister à la torture.

Quand prit fin la saison brillante des réunions mondaines, il lui fallut fréquenter assidûment chez ses bonnes amies.

Il y avait Jeanne, Marthe et Marie.

Claude s’en fut chez Jeanne, espérant bien la trouver seule, car ce n’était pas son jour. Mais Jeanne s’arrangea pour faire prévenir Marthe et Marie qui accoururent aussitôt.