— Vieil Ermite ! dit-elle, d’un ton courroucé, vous êtes donc incorrigible ! Vous m’avez encore trompée bien cruellement ! Ne m’aviez-vous pas assuré qu’une seule épreuve morale suffisait le plus souvent, quand on n’essaye pas de tricher ?… Or, j’ai fait tout et le reste et, néanmoins, je suis plus fille que jamais !

— Je vois ce que c’est ! dit l’Ermite. De votre sexe, vous avez, non seulement la grâce et la beauté, mais toutes les vertus principales, à un degré remarquable. Par conséquent…

— C’est cela ! interrompit Claude ; de l’esprit, à présent !… Vous feriez beaucoup mieux de vous laver les pieds.

L’Ermite exhala un long soupir.

— Je n’ai pas entendu ! murmura-t-il.

Puis il ajouta :

— Je disais donc, primo : que je vous chérissais tendrement à cause du fier service que vous me rendîtes un jour ; secundo : qu’il vous faudrait subir encore une épreuve, au moins une… et je me demandais avec angoisse si vous en auriez le courage…

— Je l’aurai ! dit Claude. Pour qui me prenez-vous donc, l’Ermite ? Me confondriez-vous, par hasard, avec l’une de mes amies, avec Marthe ou avec Jeanne ?

— Serait-ce vous faire une si grave injure ? demanda l’Ermite. Je connais Jeanne : elle a de l’esprit…

— Je vous l’accorde, mais c’est une poule mouillée… et elle est laide à faire peur.