— Quant à Marthe, poursuivit l’Ermite, sa réputation de beauté…
— Marthe ! c’est une dinde ! assura Claude avec un bon sourire.
L’Ermite se leva et parla sévèrement.
— Jeune fille, dit-il, votre échec n’a rien d’étonnant ; je constate, en effet, que vous n’êtes pas en état de grâce… De même que vous avez dépouillé toute coquetterie féminine, il vous faudra vaincre, en votre cœur, les sentiments dont vous faites ici l’étalage. Et ce sera la deuxième épreuve.
— Expliquez-vous clairement ! dit Claude.
— Voici : pendant six mois, à partir de ce jour, vous accueillerez, avec une joie visible, tout bonheur qui pourra survenir à vos amies. Vous les défendrez en outre contre la médisance et si, devant vous, on célèbre leurs vertus, vous joindrez votre voix enthousiaste au concert des louanges. C’est assez simple, comme vous voyez.
— C’est simple, en effet ! balbutia Claude, atterrée.
— Et, avec l’aide de la magie, ce sera sans doute suffisant, acheva l’Ermite. Bon courage, mon enfant !
Claude s’en alla, tête basse. L’Ermite, qui en avait cependant vu de toutes les couleurs, ne pouvait s’empêcher de la plaindre.
Elle arriva, bien triste, chez sa mère. Celle-ci, malgré la dureté de son cœur, en eut également pitié. Comme elle connaissait bien sa fille, elle dit, pour la ramener à la joie :