Quand le médecin arriva, il y avait beau temps que Claude était partie ! Elle avait déjà trouvé le moyen d’offrir à Jeanne ses compliments les plus sincères et elle s’employait à faire revenir le Prince Charmant sur sa décision funeste.

Cette vie dura six mois… Cela est invraisemblable, mais vrai !

Il ne servirait à rien de raconter les mille incidents de cette période : il faut en avoir été le témoin pour y ajouter foi ! Et encore ! il y eut des gens qui n’en crurent pas leurs yeux !

Claude montra, par cet exemple, ce que peut la volonté au service d’une bonne cause. Ce ne fut pas, évidemment, sans une dépense considérable d’héroïsme, sans une fatigue immense.

La pauvre fille, quand les six mois furent écoulés, n’était plus que l’ombre d’elle-même.

Néanmoins, son entêtement ne diminuait pas.

Elle se traîna donc jusque chez l’Ermite. Cette fois, la force lui manqua pour accabler le vieillard d’injures. Ce fut l’Ermite qui paria le premier :

— Si l’on en juge, dit-il, d’après les seules apparences, il semble bien, ma pauvre enfant, que la seconde épreuve morale n’ait pas encore été suffisante ?…

— Non, elle n’a pas été suffisante ! répondit Claude d’une voix affaiblie. J’ai fait tout et le reste… et c’est comme si j’avais mangé des nouilles…

— Que voulez-vous ! dit l’Ermite, vous possédez à un si haut degré les vertus de votre sexe !… Enfin !… avec votre courage, on en vient quand même à bout… Vous touchez au succès ! Je veux être le premier à m’en réjouir car je n’oublie pas ce que je vous dois… La dernière épreuve sera de courte durée. Il est inutile, je pense, de vous demander si vous voulez la subir ?…